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Habitat participatif : la maîtrise d’usage est primordiale

Romain Bernes-Lasserre connaît bien les démarches d’habitat participatif pour y avoir consacré un mémoire de fin d’études et avoir suivi plusieurs projets de cette nature en tant que monteur d’opérations chez Coop de Construction. Une démarche passionnante et exigeante, fondée sur la recherche permanente du compromis.  

D’où vient votre intérêt pour l’habitat participatif  ?

J’ai été frappé par la singularité de ces projets, la possibilité de prendre en compte les usages futurs des acquéreurs dès la genèse du projet et de sa conception, mais aussi par leur difficulté à aboutir. Ils sont chronophages, il faut tenir compte des attentes du groupe qui porte le projet, et qui sont parfois contradictoires avec les moyens de construire d’un promoteur immobilier. C’est pourquoi j’ai souhaité m’y intéresser dans le cadre de mon mémoire de fin d’études en master Moui (Maîtrise d’ouvrage urbaine et immobilière) à l’Université Rennes 2. J’avais réalisé mon stage au sein de Coop de Construction, et j’ai ensuite rejoint les équipes en tant que monteur d’opérations en 2019. Je ne m’occupe pas exclusivement de ce type de projets, mais j’accompagne les deux programmes participatifs portés par Coop, le Fil Hémon et Graines Urbaines.  

Vous évoquez les groupes d’habitants. Sont-ils homogènes  ?

Non, car tous les groupes ne se ressemblent pas. J’ai plutôt l’impression que chaque groupe est différent, tout en partageant des aspirations communes, autour du vivre ensemble, de l’usage mutualisé des espaces communs… Cette vision sociétale est au cœur de leur démarche.  


Réunion du collectif Graines urbaines - Les Hauts de Plaisance - Visite de cloisonnement

Quelles sont les principales caractéristiques de ce type de projet  ?

C’est une conception qui tient compte de la maîtrise d’usage, et qui intègre les futurs habitants dès la phase de conception du projet, avec l’architecte et le promoteur, alors que dans un projet classique, les acquéreurs arrivent en bout de chaîne. Il en découle une recherche permanente du compromis. Toutes les attentes des futurs habitants ne sont pas réalisables, et le promoteur doit également tenir compte de la réalité économique. Ainsi, chez Coop de Construction, nous travaillons avec l’association Epok, spécialiste de la maîtrise d’usage qui nous accompagne dans la durée.  

Des exemples  ?

Dans le projet du Fil Hémon, aucun logement n’a d’espaces extérieurs individualisés, à la demande du collectif  : toutes les terrasses et les jardins sont partagés. Cela n’allait pas de soi, nous étions un peu réticents au départ. Finalement, sur un plan esthétique et architectural, cela semble bien fonctionner  ! À l’inverse, côté promoteur, nous devons être en capacité de faire comprendre l’impact financier des décisions prises. Ainsi, le projet d’une chaufferie bois collective a été abandonné au profit du gaz, mais les habitants auront toutefois la possibilité de convertir ultérieurement leur installation s’ils le souhaitent.  

L’habitat participatif fait-il école  ?

Il demeure largement minoritaire, mais depuis quelques années, nous notons un intérêt croissant pour ce type de démarche, notamment dans le secteur du logement social. Toutefois, la question de la maîtrise d’usage est primordiale. C’est elle qui va permettre aux futurs acquéreurs et au promoteur d’exprimer et de confronter leurs idées de manière précise. En amont, la capacité des collectivités à promouvoir cette démarche, voire à l’accompagner financièrement, fait également la différence.

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